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sergeirene
Description du blog :
ardecho coeur fidele de tout de rien pour vous faire plaisir passer un bon moment merçi
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Date de création :
24.01.2007
Dernière mise à jour :
02.08.2008
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poeme

Posté le 24.10.2007 par sergeirene
L'Ane chargé d'éponges, et l'âne chargé de sel


Un ânier, son sceptre à la main,
Menait en empereur romain
Deux coursiers à longues oreilles.
L'un d'éponges chargé marchait comme un courrier,
Et l'autre, se faisant prier,
Portait, comme on dit, les bouteilles :
Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins
Par monts, par vaux et par chemins,
Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent,
Et fort empêchés se trouvèrent.
L'ânier, qui tous les jours traversait ce gué là,
Sur l'âne à l'éponge monta,
Chassant devant lui l'autre bête,
Qui voulant en faire à sa tête
Dans un trou se précipita,
Revint sur l'eau, puis échappa ;
Car au bout de quelques nagées
Tout son sel se fondit si bien
Que le baudet ne sentit rien
Sur ses épaules soulagées.
Camarade épongier prit exemple sur lui,
Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui.
Voilà mon âne à l'eau : jusqu'au col il se plonge,
Lui, le conducteur et l'éponge.
Tous trois burent d'autant ; l'ânier et le grison
Firent à l'éponge raison.
Celle-ci devint si pesante,
Et de tant d'eau s'emplit d'abord,
Que l'âne succombant ne put gagner le bord.
L'ânier l'embrassait, dans l'attente
D'une prompte et certaine mort.
Quelqu'un vint au secours : qui ce fut, il n'importe ;
C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point
Agir chacun de même sorte.
J'en voulais venir à ce point.



--

TOI MA HAINE

Posté le 27.07.2007 par sergeirene


TOI MA HAINE

Elle se poursuit sans bruit ma vie.

Elle part vers l'infini, un peu au ralenti.

Je suis seule et c'est bien.

Oui, il y as les copains.

Mais ,ils ne comprennent rien.

Elle est fragile ma vie,ne me donne aucun répit.

J'aurai aimé te rencontrer,toi que j'aimais imaginer.

Tu ressemblais à ces acteurs au grand coeur.

A ces hommes rêveurs qui partagent leur bonheur.

Ces hommes aux mains magiques qui jouent de la musique.

Ces peintres au couleur océan qui aiment comme des géants.

Ces sculpteurs énergiques qui façonnent l'amour tout en rythme.

Ces nageurs solitaires qui rament

dans les coeurs pour nous faire un peu peur.

Ces bohémiens bizarres qui jouent de la guitarre,

Même s'il es un peu tard.

Ces acteurs solitaires qui jouent l'amour

En douceur, avec un sourire charmeur.

Oui j'aurais aimé te rencontrer,

Avec tous ces atouts,avec tous ces rêves,

Même s'ils sont un peu fous.

Que m'importe aprés tout.

Mais je t'ai rencontré toi,qui ne savait,

Ni rêver,ni chanter,ni m'aimer!

Je t'ai suivi toi,comme on suit la misére,

Quand il n'y as rien d'autre à faire.

Je t'ai supporté toi,

Comme on supporte la pluie,en plein aprés-midi

Parceque c'est comme çà,

Les rêves étaient en moi,comme une plaie ouverte.

Tu as planté ta haine sur elle,

Claire, obscure mais cruelle.

Tu as chassé mon tendre geste

Posé dans le havre de mon coeur

La petite voix tu ne l'entendais pas!

Celle qui pleurait tout bas.

Mais mes rêves sont revenus et toi tu n'es plus.


DE FRANCINE MALHERBES

Si j'étais le Bonheur

Posté le 27.05.2007 par sergeirene



Si j'étais le Bonheur, je voudrais que la vie

Fut pour tous un beau rêve; j'irais furtivement

Effacer dans les coeurs les chagrins, les ennuis

Je me ferais petit et puis, bien doucement

Je viendrais me glisser dans un lieu de misère,

Près du déshérité pour consoler son coeur.

Je m'en retournerais, heureux d'avoir pu faire

D'un humble galetas, un foyer de bonheur

Si j'étais le Bonheur, ô toi, vie si amère,

O toi qui as déjà fait tant verser de pleurs,

Je te rénoverais, je voudrais que les mères

Au chevet de l'enfant, sentent que ce cher coeur

Ne leur réservera ni chagrin, ni tourments.

Aux vieillards je ferais une existence douce

Et le déclin de vie serait, pour eux, charmant

Ayant semé partout la joie et le bonheur

Alors je dormirais la conscience légère.

Que je serais heureux !...Comme au fond du coeur

Voyant autour de moi la joie sur les visages,

Un éclair enchanteur rayonner sur les fronts,

Lors je pourrais mourir, j'en aurais le courage

Puisque j'aurais semé le bonheur à foison

poesie

Posté le 15.05.2007 par sergeirene

Limerick, des gens excessivement polis
Excusez-moi, je vous en prie
disait le Monsieur Très Poli
tout ourlé de Bonnes Manières
quand il croisait un dromadaire

Je suis charmé vraiment ravi
disait le Monsieur Si Gentil
en rencontrant rue de Lisbonne
un pangolin avec sa bonne

Je vous présente mes respects
disait le Monsieur Circonspect
en dépassant dans l'escalier
un i sans point très essoufflé

Veuillez agréer mes hommages
disait le Monsieur Tout en Nage
en arrivant très en retard
au bal masqué des nénuphars

Après vous je n'en ferai rien
disait le Monsieur Vraiment Bien
lorsque la mort sonnant chez lui
le trouva toujours poli

L'ennui avec les gens polis
c'est qu'ils n'en ont jamais fini
tout en saluts tout en courbettes
mais trop polis pour être honnêtes.

Claude ROY


Illustration de Quentin M. (1999-2000)


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pluie

Posté le 14.05.2007 par sergeirene
Après la pluie, après le vent,… et bien il pleut encore. Il faudrait dire, après la grosse averse matinale qui transformait la rue en un impétueux torrent et arrachait aux arbres des branchettes non encore ligneuses, le ciel s’est débarrassé de ses oripeaux de deuil, ces gros nuages sombres qui roulaient vers l’est et il ne pleut plus qu’un crachin sporadique tel qu’on en subit parfois sur le bord de mer, et qui rappelle au promeneur solitaire que l’océan n’est pas si loin.

Après la pluie, après le vent, lorsque le ciel et la terre sont enfin ressuyés, on ne compte plus les branches souples de rosiers soudain pliées et mises à terre, les arbustes ébouriffés comme au sortir du lit, et on se dit avec désolation qu’il conviendra de bientôt jouer du sécateur, comme c’est dommage. Quelques iris sont restés timidement debout, d’autres sont abattus et comme piétinés. Les larges pétales aux couleurs variées des survivants pleurent encore silencieusement tandis que les petits gris se chauffent aux rayons du soleil revenu.


URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=93377&pid=2104151

Robert DESNOS

Posté le 04.05.2007 par sergeirene
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Chant pour la belle saison
Rien ne ressemble plus à l'inspiration
Que l'ivresse d'une matinée de printemps,
Que le désir d'une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l'air qu'on respire.

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
Les plaisirs de la vie.
Le vin qu'on boit avec des camarades.
L'amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l'on chante en marchant sur la route.
Le lit où l'on dort.
Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.

Le loisir.
La liberté de changer de ciel.
Le sentiment de la dignité et beaucoup d'autres choses
Dont on ose refuser la possession aux hommes.

J'aime et je chante le printemps fleuri.
J'aime et je chante l'été avec ses fruits.
J'aime et je chante la joie de vivre.
J'aime et je chante le printemps.
J'aime et je chante l'été, saison dans laquelle je suis né.
Robert DESNOS




sagess indienne

Posté le 30.04.2007 par sergeirene
Sagesse indienne





Un vieil Indien Cherokee racontait la vie à ses petits-enfants...



Il leur dit : " Je ressens un grand tourment.

Dans mon âme se joue présentement une grande bataille.

Deux loups se confrontent.



Un des loups est méchant: il "est" la peur, la colère, l'envie, la peine,

les regrets, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement, la culpabilité,

les ressentiments, l'infériorité, le mensonge, la competition, l'orgueil.



L'autre est bon: il "est" la joie, la paix, l'amour, l'espoir, le partage,

la générosité, la vérité, la compassion, la confiance.



La même bataille se joue présentement en vous,

en chacun de nous, en fait.



Silencieux, les enfants réfléchissaient... Puis l'un d'eux dit :

" Grand-papa, lequel des loups va gagner " ?



Le vieux Cherokee répondit simplement :

" Celui que tu nourris".

La terre

Posté le 25.04.2007 par sergeirene
La terre est basse. Je l’ai entendu bien souvent de ma mère et cette évidence voulait tout à la fois dire « Je suis fatiguée de gratter cette terre si basse. Serais-tu une paresseuse de rechigner à descendre jusqu’à la terre ? ne te rebiffe pas contre la terre. Elle est basse, elle te nourrit. Baisse-toi. Courbe-toi. »
Je m’amuse de ces retours à la terre que je vois chez mes compagnons de misère. Il semblerait qu’en elle ils vont retrouver leur force de vie chancelante. On plante sur des balcons tulipes et mimosas. On monte la terre dans les étages et à hauteur de vasques et de jardinières, de jardinier. La terre : s’en salir les mains, la tasser en petits pots, nettoyer à la balayette, curer ses ongles et terminer à la salle de bains avec « Chèvrefeuille » d’Yves Rocher.
On a des jardins du Dimanche. On dit « mes carottes » en ajoutant « biologiques » mais il n’y a aucune nécessité à cela. La paye assure confortablement les pommes-de-terre et bien d’autres fantaisies hivernales. Tous les vergers du monde sont à portée de nos bourses. Ecartelés, dispersés, sans racines, nous revenons à la terre pour nous refaire l’âme alors qu’elle était là pour nos parents pour nous nourrir, avant que toutes les notions se confondent. Notre agriculture est une philosophie, du moment, quand nous avons épuisé les autres.
La terre, quand on en vit, on ne l’aime pas. On la laboure, on la pioche, on la retourne, on la charrie bref, on la manipule à bras le corps, à pleines mains. On l’injurie « Bon Dieu d’bon dieu ! » quand elle résiste. La vie est dure, la terre est basse. Et tout en râtelant, arrachant, semant, on n’en continue pas moins ses amours rêvées, ses mélancolies, ses bagarres intérieures. J’ai vu mes parents, tout en se battant avec la terre pour en tirer notre subsistance, continuer leur querelle quotidienne entre eux et en eux-mêmes. Je les ai vus aussi heureux. Ma mère, au printemps, a la fébrilité des graines qui se mettent à germer toutes seules dans les sachets. Elle plante, elle plante. Son jardin qui fut longtemps son œuvre exclusive – bêcher, planter, casser les carouches jusqu’à ce que la terre soit « bien prin », poser le rateau, reprendre la pioche, tirer une racine, jeter un caillou, et puis sarcler, couvrir contre le gel, découvrir pour le rayon de soleil, tempêter, tailler, resemer ce que la taupe ou la courtillière a détruit, tailler, fumer … - était un beau jardin

clic 2foi sur play pour entendre la musique
Son associé au billet :

Mornas

Posté le 25.04.2007 par sergeirene
’ai voulu voir Mornas et on a vu Mornas
On a quitté l’A7 en direction d’Orange
D’oranges y en avait deux dans le sac à pique-nique
On s’est bien régalé avec nos gros sandwichs

Comme toujours !

L’GPS indiquait qu’on devait virer à droite
On a viré à droite, on a viré à gauche
Puis à gauche, puis à droite et on est arrivé
Derrière la forteresse mais elle était fermée

Comme toujours

Ça fait rien ! On grimpa pour voir en haut d’Mornas
On voyait les autos grosses comme des p’tits pois
Le Baron des Adrets était un beau salaud
Sous prétexte de servir Dieu et les parpaillots

Comme toujours

Les oiseaux pépiaient, oublieux de l’histoire
Les chats du voisinage miaulaient au cimetière
J’ai cueilli des jacinthes coincées entre deux pierres
Et j’ai pas regretté de visiter Mornas

Pour une fois !

Mais je vous préviens !
J’reviendrai pas demain !
Mais c’est aujourd’hui
Que je tiens la chronique
D’ailleurs j’ai à faire avec des flons-flons
Demain au Flo des mots
A Sète l’insulaire
(Ville de naissance
du Grand Georges
Et du p’tit
Paul Valéry )

Et c’est à 6 heures et trente minutes le soir !

* Au cimetière de Mornas : inscription occitane
A Nostro Damo
Mère, vaqui ti drole qu’an fa ce qu’an pouscu
Que siegon pas pesa coume Dieù peso un anjo,
Que Dieù mete am’eli sout sa justo roumano
Un pau d’aquesto terro que soun redevengu

A Notre Dame ( Pierre traducteur)
Mère, voici tes enfants qui ont fait ce qu’ils ont pu
Qu’ils ne soient pas pesés comme Dieu pèse un ange,
Que Dieu mette avec eux sur la juste balance
Un peu de cette terre qu’ils sont redevenus

arthur rimbaud

Posté le 13.04.2007 par sergeirene
Tisonnant, tisonnant son coeur amoureux sous
Sa chaste robe noire, heureux, la main gantée,
Un jour qu'il s'en allait, effroyablement doux,
Jaune, bavant la foi de sa bouche édentée,

Un jour qu'il s'en allait, "Oremus", - un Méchant
Le prit rudement par son oreille benoite
Et lui jeta des mots affreux, en arrachant
Sa chaste robe noire autour de sa peau moite !

Châtiment !... Ses habits étaient déboutonnés,
Et le long chapelet des péchés pardonnés
S'égrenant dans son coeur, Saint Tartufe était pâle !...

Donc, il se confessait, priait, avec un râle !
L'homme se contenta d'emporter ses rabats...
- Peuh ! Tartufe était nu du haut jusques en bas !


Arthur Rimbaud
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